Un rayon fait la roue
devant un cadre vide
Une banane mure
croyant garder la ligne
veut se mettre au régime
Un trombone vieillot
A l'air mal embouche
Crache ses sales notes
Sur une portée-pique
Un sarcasme d'envie
germe sur le parquet
atteint le secrétauire
qui s'écroule bêtement
Ridicule et mutin
Un matou trop miteux
Fut maté ce matin
Par deux matheux mutés.
En flots grondants et vagues
Des M mal aimés
glissent sur mon clavier
et s'étalent soudain
Et moi, dans mon lit-cage
Moi, maitre du barreau
Fier de ma couverture
Je mange un avocat.
En vers ou en prose, jeux de mots ou de lumières, au gré du vent et des humeurs...
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mercredi
jeudi
Ceux qu'on damnait
Allongé sur le ventre
les deux mains dans le dos
Il attend le couteau
qui reste dans son antre.
Il rêve de soleil
de rivière et de joie
Et il pense aux abeilles
qui volent dans les bois.
Mais voulant couper court
A tous ces rêves idiots
nous voyons le couteau
s'abattre en un bruit sourd.
Voilà qui est bizarre
Le couteau rebondit
Epargnant le taulard
Qui trouve ça inouï.
Pas moins que le Samson,
Qui sur le coup se meurt
Condamnant le garçon
A se faire pendre ailleurs !
les deux mains dans le dos
Il attend le couteau
qui reste dans son antre.
Il rêve de soleil
de rivière et de joie
Et il pense aux abeilles
qui volent dans les bois.
Mais voulant couper court
A tous ces rêves idiots
nous voyons le couteau
s'abattre en un bruit sourd.
Voilà qui est bizarre
Le couteau rebondit
Epargnant le taulard
Qui trouve ça inouï.
Pas moins que le Samson,
Qui sur le coup se meurt
Condamnant le garçon
A se faire pendre ailleurs !
mercredi
Au nid soit qui mal y pense
Pas si sotte que ça, Sidonie s'est sauvée.
Attirée par les mots d'un être trop malin
Soumises à ses caprices, prise et reprise à souhait
Sensée et si songeuse, elle fermait son esprit
Idolâtrant le corps, et trouvant là sa voie.
Oublierais-je sa vie, qui réveillait mon âme
Naguère, en d'autres lieux, quand j'étais un peu fou.
Ego sans trique...
Las, Narcisse un matin tint un langage sot
S'autorisant des mots modèles de bêtise
Isidore, O dévot, vota la convoitise
Isidore, O mutin, t'inventa un ragot.
Gauche et pâle catin t'invitant au culot
Loterisant l'écot qu'oblige la sottise
Isidore, O bécot, copula sans hantise
Isidore, O tétin, tint ici le gros lot.
L'autocrate trop fou, foudroyant les amants
Mentit au garde-fou, fourvoyant les dormants.
N'entendez-vous, poètes, êtes-vous un mirage ?
Agitant vos écrits, critiquant tous ces fats
Fabuleux mais trop bêtes. Etes-vous à la page?
A genoux, Isidore, tes cris sont bla, bla, bla.
Enfant de Bohème
Amolissement funèbre de toute trace triste
Ma mie m'a regardé de ses yeux de satin
Oubliée la misère qui encombre la piste
Unis pour toutes choses sans penser au matin
Rêvons de notre joie et vivons en artiste.
Complètement sonnet !
D'un sonnet importun je couvre ce papier
N'en déplaise vraiment à celui qui le lit
Je veux en deux, trois mots, tâter de poésie
Et d'avance me garde d'être trop critiqué
Ni vers enrubannés, ni rimes de bon pied
feront de moi célèbre, j'aime bien trop mon lit
Et crains plus, à vrai dire, les longs frimas d'envie
Que l'ennui solitaire, voilà ce qui me sied.
Parler pour ne rien dire, voilà qui me complait
Et fi de ces critiques qui me trouvent bien laid
Je préfère la plume, même pauvre pédante
A la rime bien faite, au vers bien tourné
N'en déplaise aux puristes qui vivent dans l'attente
D'inoubliables mots. Tenez, c'est terminé.
Pierre de Ronflard
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